... j'y ai rencontré des amis.
" Bien que l'on y soit déjà allé une fois, l'appel est trop fort.... on est obligé d'y retourner.... Quelqu'un m'a dis une fois "Attention l'Afrique c'est dangereux, quand tu y est allé une fois tu peux plus t'en passer". Je ne pensais jamais que ce serait vrai et que ça pourrait m'arriver. En plus dans un cadre exceptionnel accueilli par des gens merveilleux qui ont un réel but dans la vie autre que l'appât du gain si souvent observé, même chez nous. Pour tout vous dire, quand je suis arrivé en là-bas cet été, pour mon deuxième voyage, je me suis senti chez moi tout de suite. J'avais l'impression que je n'étais jamais rentré en Europe, ou plutôt que j'étais resté là toute l'année.
Le fait de rencontrer là-bas les mêmes personnes que lors de mon précédent voyage un an plus tôt y est sûrement pour quelque chose. Mais c'est surtout parce que grâce à cet échange j'ai rencontré plus que des gens, j'y ai rencontré des amis. J'ai découvert une autre culture, des gens avec qui j'ai plus de points communs que mes propres voisins européens...
L'intensité est telle que dès la descente de l'avion, le temps s'arrête, on est plus rien.... on ne sais plus rien de ce qui se passe dans le monde, chez nous, dans nos familles... normal me direz vous, a des milliers de kilomètres, sans moyen de communication... mais c'est avec le recul qu'on s'en rend compte ! Sur le moment, on ne s'ennuie tellement pas qu'on prend plaisir à tout, c'est quand on rentre qu'on réalise à quel point ce fut intense. Il faut alors reprendre notre rythme et notre mode de vie européens. On réalise aussi que le monde tourne sans vous... et oui... on est quand même près de 6 milliards sur cette Terre.
(Au passage si on faisait des efforts pour la préserver ce serait peut être sympa non?) ... une fois là bas ... le temps s'arrête.
Ce temps qui s'arrête le temps d'un séjour, pour vous marquer le temps d'une vie. "
Florian
... ce voyage est une richesse pour chacun des participants
" Le voyage du groupe petits princes se déroule chaque été au sein du projet soutenu par l’ADRP. Il consiste en un voyage socioculturel partagé par de jeunes yovos (blancs) et jeunes (méwis). Ainsi une quinzaine de français âgés entre 17 et 23 ans se rendent au Bénin afin de partager leur journée avec une quinzaine de Béninois du même âge. C’est donc au village de Ouassa-Tokpa, localité du projet, que se plante le décor de ce voyage aux mille et une richesses !
Ce voyage est basé sur un principe d’échange et une envie de « se mettre au service de » au sein d’un projet global, commun et construit. Ainsi chaque été méwis et yovos mettent en partage leur expérience, leur vie afin de comparer deux réalités distinctes et d’amener à bien quelques petits projets.
Chaque conversation, activité, sortie, repas, débat avec Mr Houessou est propice à l’échange. En effet nous apprenons beaucoup les uns des autres, sur le poids de nos sociétés, dans nos manières de réagir, de s’affirmer ou encore de communiquer...
De plus nous effectuons de nombreuses sorties qui nous permettent de partager un peu d’histoire (Ouidah, port d’esclavage ; Abomey, ville royale du Dahomey), un peu de culture (Sé, village de poteries ; Danhoué , marché nocturne ; Lobogo, marché de toutes les ressources alimentaire), un peu d’urbanité africaine (Cotonou, capitale économique ; Porto-Novo, capitale administrative).
Les repas que nous partageons avec les méwis nous amènent à faire connaissance des produits locaux et de leur importance dans les habitudes alimentaires.
Chaque année nous organisons des matchs de football entre le groupe petits princes et les villages voisins. Ces rencontres sont très populaires au niveau et nous vallent même une interview exclusive à la radio FM-Ahémé.
Enfin lors de nos moments plus libres, nous menions des enquêtes ethnographiques afins de mieux appréhender les réalités culturelles. Elles concernent des sujets tels que le vaudou, les scarifications, les sages, le rôle social de la musique, l’économie en milieu rural...
Très motivés et prêts à apporter notre aide, nous participons à de nombreuses activités afin d’apporter un modeste soutien au projet. Ainsi chaque matin, six d’entre nous sacrifiaient quelques heures de sommeil afin de se rendre à la ferme pour s’occuper de l’entretien et de nourrir les animaux tels que les porcs, les poules ou encore les aulacodes.
Ensuite nous dispensions des cours de soutiens scolaires jusqu’au niveau de la 4ème. A travers cette expérience, nous prenons conscience des conditions et des difficultés d’apprentissage dans les écoles d’Afrique. De plus nous réalisons que nos quelques outils pédagogiques sont souvent inopérants car nos réalités sont différentes.
Nous avons réservé une journée au travail sur les terres (semer le soja, tri de graines de soja...). Nous sommes tous surpris de l’étendu de ces terres et du contraste qu’elles marquent avec le reste du paysage.
Cette année nous avons consacré deux après-midi à la confection d’indigos (tissu traditionnel duquel nous avons les techniques de fabrication et de teinture).
De plus ce voyage est marqué par les aléas du quotidien d’un groupe de 30 jeunes. Parfois une crevaison lors d’une visite, les petites maladies, les petits bobos de chacun ou encore la visite d’un serpent au milieu de la nuit ou même de phénomènes vaudous ! Mais ce sont aussi de longues discutions, le partage d’émotions, de franches rigolades comme la soirée « beau-f » et quelques petits accrochages qui pimentent la vie !
En tout cela ce voyage est une richesse pour chacun des participants. Le contact avec la population, les enfants qui sont toujours présents à chaque moment de la journée laisse en chacun des souvenirs inoubliables. "
Elsa
... c'est toujours plus enrichissant de connaître l'autre.
"En ce qui concerne les impressions, je ne peux évidemment donner que les miennes. Voilà, le séjour a été agréable dans l'ensemble hormis bien sûr les quelques conflits essentiellement dus aux écarts culturels entre nos deux pays. Mais , j'en suis finalement arrivé à la conclusion que c'est aussi ça les échanges car c'est toujours plus enrichissant de connaître l'autre en l'approchant de cette façon.
Je crois fermement que d'ici quelques années, lorsqu'on se sera suffisamment habitué aux valeurs européennes et les yovos aux valeurs africaines, les relations conflictuelles finiront par s'aplanir pour laisser place à une convivialité et à une harmonie quasi parfaite.
Alors, vivement que continuent les contradictions pour que surgisse enfin l'esprit de tolérance, de pardon et de partage."
Sikirou, un ami de Possotomé
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